Série philosophie · Partie 6 sur 12

Le Livre des morts tibétain : des mots pour le passage

Dernière mise à jour: 2026-08-21 · 2 min de lecture

Au Tibet, on lit aux mourants et aux défunts un livre censé leur montrer le chemin. Peu de textes ont autant fasciné l’Occident. La partie 6 de notre série philosophie l’aborde avec respect.

La libération par l’écoute

Le titre tibétain est « Bardo Thödol », que l’on peut traduire approximativement par « Libération par l’écoute dans l’état intermédiaire ». Selon la tradition, le texte remonte au maître Padmasambhava, au VIIIe siècle, et a été redécouvert au XIVe siècle par Karma Lingpa en tant que « texte-trésor » caché.

Le « bardo » est l’état intermédiaire entre la mort et la renaissance, traditionnellement associé à une période de 49 jours. Pendant ce temps, on lit le texte au défunt. Ces paroles doivent l’aider à reconnaître les apparitions qu’il rencontre comme des reflets de son propre esprit – au lieu de sombrer dans la peur.

Le voyage vers l’Occident

En 1927 est parue une édition anglaise sous le titre « The Tibetan Book of the Dead », éditée par Walter Evans-Wentz. C. G. Jung en a rédigé un commentaire psychologique et a reconnu que le livre l’accompagnait depuis des années. Depuis, le texte a influencé la psychologie, la littérature et l’accompagnement de fin de vie en Occident.

Un livre pour les vivants

Même s’il parle avant tout de la mort, le Livre des morts est aussi, dans le bouddhisme tibétain, un livre pour les vivants. Celui qui se familiarise avec son propre esprit de son vivant, selon cette idée, ne se perdra pas dans le passage. On apprend à mourir tant qu’on est en vie. Certains enseignements appliquent même le terme « bardo » à toute phase de transition – y compris à la vie elle-même, entre la naissance et la mort.

Il ne faut pas oublier une chose : le Livre des morts est un texte religieux porteur d’une tradition propre et profonde, pas un guide de développement personnel. On peut en tirer des leçons sans se l’approprier.

La conclusion logique

Le Livre des morts montre deux choses qui valent au-delà de toute religion.

Premièrement : les mots peuvent accompagner les êtres humains dans les transitions difficiles. La voix d’une personne familière qui lit à voix haute est un réconfort. Ce que tu écris aujourd’hui pourra un jour agir exactement de cette manière – pour ceux qui te perdront.

Deuxièmement : la préparation se fait pendant la vie, pas à la fin. Ceux qui se penchent régulièrement sur leur vie intérieure traversent les transitions autrement. Et ils laissent aux autres quelque chose qui peut les porter à travers les leurs.

Trois questions pour aller plus loin

  1. Quels mots t’aideraient à tenir bon dans une transition difficile ?
  2. Quelle transition dans ta vie a le plus changé la personne que tu es ?
  3. Que voudrais-tu dire aux personnes qui te perdront un jour ?